Un Genevois achète une machine à espresso à 4800 francs et n'a plus dormi depuis : « Elle s'est amortie en trois nuits »
Il connaît désormais l'horaire du Noctambus par cœur. Ses voisins aussi, à force de l'entendre moudre.

GENÈVE. Un habitant des Pâquis qui a acquis le mois dernier une machine à espresso à double chaudière pour 4800 francs n’a plus fermé l’œil depuis, mais assure que l’investissement « s’est amorti en trois nuits ».
À l’appui, l’homme présente un tableur Excel de quatorze onglets comparant le coût de revient de chaque tasse au prix d’un café en terrasse au Molard, soit 5 fr. 80. « À trente-sept espressos par nuit, le calcul est vite fait », explique-t-il, la paupière gauche agitée de spasmes réguliers.
Le règlement de maison de son immeuble interdit tout bruit après 22 heures. Ses voisins ont adressé trois courriers recommandés à la régie au sujet d’un moulin « qui démarre à 3 h 12 précises, tous les soirs ». L’intéressé conteste : « J’ai mesuré : 71 décibels. C’est moins qu’un Noctambus. » Il connaît d’ailleurs désormais par cœur l’horaire de toutes les lignes de nuit, qu’il regarde passer depuis son balcon.
Selon ses proches, il a détartré la machine onze fois en quatre semaines, soit onze fois de plus qu’il n’a appelé sa mère. Son ancienne Nespresso a été reléguée à la cave, à côté du vélo d’appartement, « pour les invités ».
Son médecin lui a recommandé de réduire sa consommation. L’homme a répondu qu’il avait déjà ajouté un onglet « santé » à son tableur et que, compte tenu de ses heures d’éveil supplémentaires, il était désormais « le salarié le plus rentable du canton ».
Il a commandé jeudi un second moulin, « pour la redondance ».
Le Cardon est un journal satirique. Cet article est une fiction.