Panne Revolut : 1,3 million de Suisses forcés de payer en lingots
Privés de leur application pendant une journée, les clients helvétiques ont dû se rabattre sur leur deuxième banque, leur troisième banque, puis la cave.

ZURICH. Une panne de Revolut a privé mardi plus de 1,3 million de clients suisses de paiements par carte, de virements et de retraits, plongeant le pays dans une crise humanitaire d’un genre nouveau : devoir utiliser une autre banque.
Selon les premières estimations, l’immense majorité des personnes touchées ont pu basculer en quelques secondes sur leur deuxième banque. Les plus démunis, ceux qui n’en ont que deux, ont dû passer à la troisième.
Pour les cas les plus graves, les autorités ont activé le plan d’urgence prévu de longue date : descendre à la cave. Des milliers de ménages ont ainsi été contraints de sortir un lingot de 100 grammes coincé entre le vin et le sapin de Noël, une épreuve qui a laissé des familles entières émues et légèrement poussiéreuses.
À Zurich, un boulanger a rapidement adapté son commerce. Une balance de précision trône désormais à côté des croissants, et l’or est accepté au poids. La monnaie est rendue en Vreneli. Les clients qui n’avaient qu’une collection de pièces anciennes ont été servis par une file séparée, moins prioritaire.
« Nous avons tous traversé quelque chose », a confié un retraité de la Goldküste en payant un pain au seigle avec une pièce de 20 francs de 1935.
Selon les entreprises concernées, la défaillance provenait d’un centre de données Google Cloud près de Londres. En Suisse, de nombreux experts ont accueilli l’information avec un calme absolu, la plupart d’entre eux ignorant où se trouve Londres faute d’y garder un compte.
Les seules victimes réelles de la journée ont été les frontaliers français, qui, eux, n’avaient ni deuxième banque, ni cave, ni lingot, et sont restés bloqués devant la caisse avec un plateau-repas.
Le service a été rétabli dans la soirée. À l’heure où nous mettions sous presse, le boulanger zurichois avait annoncé qu’il continuerait d’accepter l’or, « par commodité ».
Le Cardon est un journal satirique. Cet article est une fiction.